Née en 1977 en Belgique, Crapaud Mademoiselle est photographe.

Sa pratique se concentre sur la technique et la rhétorique de l’autoportrait, pour devenir sujet et objet multiple et obsessionnel.

Construits comme autant d’instantanés de la personnalité, des états de l’âme, et de références à l’histoire de la photographie, ces autoportraits dessinent les contours d’une quête. Celle de l’image de la femme en tant qu’icône schizophrénique, conditionnée par un héritage judéo-chrétien. Héritage qui, à travers la représentation du soi, de l’autoportrait, travestit un sentiment sourd et pointu de culpabilité. La culpabilité de la chair, du corps, utilisé, manipulé, torturé, transformé.

Un corps en équilibre entre légèreté et gravité, tendresse et cruauté, un corps entre Éros et Thanatos.



Born in 1977 in Belgium , Crapaud Mademoiselle is a photographer. Her practice focuses on technical and rhetoric of self-portrait , to finally turn into obsessive and multiple subjects and objects. Built as many snapshots of personality, state of mind and references to the history of photography, these self-portraits draw the shapes of a quest. It releases a woman's image as a schizophrenic icon, conditioned by a Judeo-Christian heritage. Heritage which, through the representation of self, through the self-portrait, disguises a vague but sharp feeling of guilt. The guilt of the flesh, of the body, used, handled, tortured, transformed. A body in balance between lightness and gravity, tenderness and cruelty, a body between Eros and Thanatos .

 

BIOGRAPHIE

EDITO CLGB spécial photo 2008

Huh Huh DADA… Et les petits fours

L’art contemporain, aire de liberté, est un lieu d’épanouissement magnifique pour l’intelligence, la sophistication, la contestation, mais parfois, en sortant de certaines expositions on a envie de paraphraser le texte « cuisine ornementale » de Barthes et de parler non pas de ce que l’on aurait dû voir ou ressentir mais des petits fours et de leur glacis, ou, de se contenter juste d’un « ouais bof » noyant l’ennui dans l’ivresse des bulles tout en braillant des onomatopées de fatigue.
Alors peut-être pensez-vous qu’il est difficile de s’intéresser à l’art aujourd’hui ?
Et bien, au même titre qu’il faut impérativement et définitivement éteindre sa télévision, il faut savoir tourner le dos à certaines galeries dont les motivations sont plus financières que passionnées et chercher son bonheur ailleurs en attendant une vague de départs à la retraite (65 ans à présent : oui c’est dur !)

Voilà donc l’idée de ce numéro spécial : une réconciliation !
Les photographes de ce hors-série, hormis le fait d’être géniaux (terme complètement objectif) ont un imaginaire, ils savent nous raconter des histoires, nous bouleverser, produire de l’étrange, nous faire voyager mais surtout ils savent partager !
Ils nous parlent avec une telle sincérité qu’on a envie de les croire sur parole même s’il nous disent que Cendrillon a acheté ses chaussures à Pigalle et que son prince est un pervers narcissique qui ne se lave qu’une fois par semaine. De toute façon c’est vrai puisque c’est de l’art !

D’ailleurs revenons-en à l’art… on allait pas laisser la double posologie des stilnox / psychotropes s’en sortir comme ça ! Revenons-en à l’origine de l’art contemporain pour comprendre : à Duchamp donc, car en se référant au dire du critique d’art Pierre Cabanne le XIXe siècle se termine avec Picasso, le XXe commence avec Marcel Duchamp.

Dans sa lettre à Hans Richter du 10 novembre 1962, Duchamp déclarait : « Ce Néo-Dada qui se nomme maintenant nouveau Réalisme, Pop Art, Assemblage, etc., est une distraction à bon marché qui vit de ce que DADA a fait. Lorsque j’ai découvert les ready-made, j’espérais décourager le carnaval d’esthétisme. Mais les néo-dadaïstes utilisent les ready-made pour leur découvrir une valeur esthétique. Je leur ai jeté le porte-bouteilles et l’urinoir à la tête comme une provocation et voilà qu’ils en admirent la beauté esthétique. »

On a envie de terminer la citation par « ces cons-là » mais les codes de bienséance s’y opposent fermement !

L’avant-gardisme de Duchamp, son concept (ou pas ?), sa provocation semblent avoir été frelaté par ce que l’on devrait aujourd’hui nommer l’Art du ready-fake ! Tout ceci malgré les avertissements qu’il avait lancés contre une contamination des ready-made alors que lui-même en avait ralenti la production dès 1961.
Nous sommes aujourd’hui en droit de nous demander si cette pratique ne se trouve pas à la limite de la syncope masturbatoire. Cela peut être justifié par une opulence de prose, souvent brillante, mais au fond qu’est-ce qu’un« shopping bag » de Sylvie Fleury apportait de plus que le porte-bouteilles de 1914 ? En termes d’ »avant-garde » Il semblerait que l’on tourne un peu autour du pot. Autant cette « énigme » faisait débat en 1917, autant à présent il semble qu’elle réponde plus à l’interrogation égocentrique et fantasmée qu’est : « suis-je un artiste ? »

Maintenant, on peut toujours ruminer sur le thème des frontières entre art et non-art mais il serait de bon ton de changer de méthode de réflexion (voire de réflexion tout court), celle-ci étant quelque peu épuisée…Du reste, il faudra surement que ce champ de l’art évolue pour que l’on ait à se poser la question à nouveau ; en espérant que ce jour-là, on ait dépassé la notion de socle… Mais pour l’instant, qu’ils ne s’étonnent plus de voir tant de gens tourner le dos à l’art contemporain. Nous ne reviendrons donc pas sur les petits et arrière-petits fils du ready-made mais sur l’essence même de Fontaine : Le Joke, l’humour, la blague ! Car c’est bien de cela dont il est question ! Duchamp était un gamin provocateur en pleine phase du non, chantant, à qui veut bien l’entendre : « à DADA sur mon bidet ». Passons à autre chose, les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures…

Les photos de ce hors-série seront donc tout sauf des natures mortes hasardeuses :)Elles laissent des portes ouvertes à toutes autres formes d’expression, offrent un regard neuf, un véritable engagement et surtout font une grande place au ressenti cruellement en carence dans cette facette du conceptuel si eighties !Et puisque cette petite, mais puissante, masse de dinosaures s’y oppose, laissons les stagner dans leurs balises <meta> que même Google.fr a délaissées…Une provocation soporifique n’est plus une provocation, l’art non-affranchi n’est plus de l’art et n’en déplaise à une certaine « élite intellectuelle », tous les Arts appliqués ont leur place dans l’Art !















Direction Artistique : Crapaud Mademoiselle